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Une icône en noir et blanc représentant un appareil photo avec un grand objectif au centre, vu de face. Omnivox Une flèche noire épaisse pointe en diagonale vers le haut et vers la droite, à l'intérieur d'un carré bordé d'un cadre noir en gras sur fond blanc. Octopus Une image floue en noir et blanc représentant deux formes rectangulaires verticales, peut-être des portes ou des fenêtres, présentant un contraste entre les zones sombres et claires. Formation continue

Ma vie d’étudiante et tous ces autres hashtags

Une femme aux cheveux châtains clairs, vêtue d'un t-shirt bleu, sourit en regardant avec tendresse un jeune enfant allongé à côté d'elle. L'enfant lève les yeux vers elle, créant ainsi un moment chaleureux et plein d'affection.

Kuei ! Joly Louise
nishinikatekun, ute au Cégep de Sept-Îles ni tshishkutimakun.

Kuei, je me nomme
Joly Louise et je suis étudiante en Langues, lettres et communications. J’en
suis à ma troisième année d’études au Cégep de Sept-Îles. Comme je suis ambassadrice
des Premières nations, on m’a demandé si je voulais bien écrire un mot. Voici
un aperçu de mon parcours autant personnel que scolaire. Bonne lecture !

Avant mon entrée
au cégep, cela faisait 51 jours que j’étais sobre. 51 jours sans speed. 51
jours pour réapprendre à dormir, à manger. Réapprendre mon rôle de mère. Réapprendre
à vivre, juste pour vivre.

Je sortais d’une
dépression sévère et des années de consommation excessive et de multiples
tentatives de suicide.

J’étais en guerre
avec moi-même, en colère après mon corps. J’en voulais à la vie et ses millions
de problèmes. Et le 29 juin, j’ai ouvert les yeux et j’ai dit « C’est assez de
me battre contre moi-même. ».

En rentrant à
l’école, je ne savais pas comment me sentir… j’étais nerveuse, apeurée, effrayée,
petite et minuscule. Je me suis demandée : « Qu’est-ce qu’une fille comme
moi fait ici ? Je ne connais personne. Ils vont rire de moi, de mon poids, de
mes cheveux d’un pouce, de mes vêtements de bs, de, de, de toute. ». En
marchant sur le trottoir, il y avait trois garçons derrière moi, et ils
riaient. Ils riaient parce que l’un d’entre eux avaient ouvert mon sac à dos. Je
savais qu’il y avait un garçon juste derrière moi, mais les yeux pleins d’eau, la
gorge serrée, je ne me suis jamais retournée.

Au fil de ma
première session, j’ai appris à connaître mes enseignants. Ils étaient disposés
à m’écouter, à m’attendre et à me faire confiance. Je leur faisais part de mes doutes,
de mes retards, de mon adaptation au cégep.

À ma deuxième
session, j’ai compris ce que c’était vraiment « être étudiante ». J’ai compris
ce que pouvait être un travail à remettre parce qu’honnêtement, j’étais presque
toujours en retard (Ah ! la procrastination!).

Depuis que je suis
retournée aux études à la session d’automne 2017, je suis le plus transparente
possible avec mes enseignantes. Je leur parle de mes enfants, de ma routine,
des mes défis, de mes devoirs (même de mes retards), de mon amour pour
l’écriture, de ma réticence à la lecture, de tout !

Je leur partage
mon rôle de mère parce que c’est ce que je suis avant d’être une étudiante. Je
suis mère d’une fille neurotypique et d’un fils TSA, TDAH et trouble de
langage. Je leur raconte nos péripéties et surtout nos défis, parce que
concilier étude-famille peut être un vrai casse-tête et les enseignants le
comprennent.

Et vous savez quoi
? Ils sont merveilleux. Ils comprennent ma réalité. Je les ai vu s’adapter.

Je ne sortais pas
du secondaire lorsque je suis entrée ici. Je sortais de l’enfer de la drogue,
d’une vie de débauche et d’embûche. Je sortais de ma tombe lorsque je suis
venue ici.

Ils m’ont ouvert
la porte et m’ont écoutée.

Le Cégep de
Sept-Îles m’a réappris à vivre.

Aujourd’hui,
j’entame ma dernière année au cégep. J’ai choisi ce cégep pour sa proximité et
l’accessibilité aux services. Je suis restée parce que je me suis attachée à
mes enseignants. Ils m’ont tellement poussée à continuer malgré tout ce que je
pouvais vivre. Ils m’ont ouvert la porte et m’ont toujours admise malgré mes
difficultés d’adaptation. Je les ai vu me regarder avec confiance alors que je
doutais de moi.

Moi ? L’obèse ?
Une droguée ? Comment pourrais-je continuer à avancer ? C’est ce que je me
disais. Moi ? L’indienne et ses étiquettes… Et je me suis rendue compte que
j’avais mis ces étiquettes seule, à chaque doute, à chaque peur, à chaque jour.

Et pourtant,
aujourd’hui, je suis fière de moi. Je ne réalise pas qu’il ne me reste que deux
sessions. Après tant d’années à me dévaloriser, me voilà aujourd’hui faire ce
que j’aime le plus : apprendre et écrire.

Je décide
d’enlever mes étiquettes parce qu’aujourd’hui j’ai plus de confiance qu’hier.

Aujourd’hui je suis
fière, fière d’être tous ces hashtags :

#CollegeStudent
#AutismMom #FirstNations #PremièreNation #Innu #Uashat #Malio #CégepdeSI
#CégepdeSeptIles #Mèrede2 #Étudiante #Fière #FièreDeMonCégep

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Une femme aux cheveux châtains clairs, vêtue d'un t-shirt bleu, sourit en regardant avec tendresse un jeune enfant allongé à côté d'elle. L'enfant lève les yeux vers elle, créant ainsi un moment chaleureux et plein d'affection.